
S’il y a une voix qui pourrait aider à calmer cette vague de tension sur Haïti, l’ancienne présidente du Chili, Michele Bachelet est une. Grande amie du pays, fervente défenseure des droits humains, elle serait un allier sûr pour la nation dans cette turbulence géopolitique.
Le mandat d’António Guterres s’achève en décembre 2026 à la tête des Nations-Unis et son successeur prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. En ce sens, le 23 juillet dernier, six candidats ont débattu publiquement : Michelle Bachelet du Chili, María Fernanda Espinosa de l’Équateur, Rafael Grossi d’Argentine, Rebeca Grynspan du Costa Rica, Carolyn Rodrigues-Birkett du Guyana et Macky Sall du Sénégal. Tous ont insisté sur la nécessité de restaurer la crédibilité de l’ONU, mais Bachelet s’est distinguée par son accent sur les droits humains et son indépendance vis-à-vis des grandes puissances.
On le sait tous, les élections pour désigner le prochain Secrétaire général des Nations Unies marquent un tournant historique. Pour la première fois, un processus ouvert est organisé, avec plusieurs candidatures soumises à l’Assemblée générale.
Pourquoi Bachelet serait-elle importante ?
Pendant ce temps, Haïti traverse une crise institutionnelle et sécuritaire profonde, aggravée par des catastrophes naturelles récurrentes et une migration massive. Le pays est confronté à des défis humanitaires, politiques et économiques qui nécessitent un soutien international fort. Dans ce contexte, la candidature de Michelle Bachelet représente une opportunité unique. Ancienne présidente du Chili, fondatrice d’ONU Femmes et Haut-Commissaire aux droits de l’homme, elle incarne une trajectoire marquée par la résilience et la justice sociale. Son programme pour l’ONU repose sur la réforme de l’institution, la prévention des conflits, le rapprochement avec les peuples et la réaffirmation des principes fondateurs.
Haïti a déjà bénéficié de son engagement. Bachelet a visité Port-au-Prince à plusieurs reprises, notamment après le séisme de 2010, et a soutenu la reconstruction. Elle a maintenu la présence chilienne dans la mission de paix de l’ONU et inauguré l’École Chile en 2017. Ses politiques migratoires au Chili ont facilité l’intégration de milliers d’Haïtiens, malgré les difficultés, et son parcours international montre une sensibilité aux discriminations, enjeu crucial pour les Haïtiens dans le monde. Soutenue par le Brésil et le Mexique, elle incarne une candidature latino-américaine qui peut renforcer la voix d’Haïti dans la région
Dans une élection ouverte, sans favori clair, le soutien d’Haïti pourrait peser sur les équilibres diplomatiques et donner au pays une visibilité accrue.
Rester en retrait serait manquer l’occasion de placer ses intérêts au cœur de la gouvernance mondiale. L’élection de Michelle Bachelet à la tête de l’ONU serait une chance historique pour Haïti : transformer une solidarité passée en un partenariat stratégique, capable de porter ses priorités — aide humanitaire, protection des migrants, lutte contre le racisme, développement durable et stabilité politique — au cœur de l’agenda international. Haïti doit se lever, prendre position et soutenir Michelle Bachelet.
