
À l’heure où les repères culturels sont questionnés en Haïti, le lakou réapparaît comme un espace essentiel de transmission et d’identité. Entre héritage vivant et réinvention contemporaine portée par la musique, notamment celle de Tafa Mi Soleil, cette tradition suscite un regain d’intérêt. Dans cette perspective, Jeune Migrant est allé à la rencontre de l’étudiant Dionel Dema, qui propose une réflexion engagée sur le rôle du lakou dans la société haïtienne d’aujourd’hui.
Dionel Dema est étudiant à l’Université UNIPAR (Universidade Paranaense – Cascavel), jeune natif de Fonds-Parisien, une section communale de la commune de Ganthier, à l’est de Port-au-Prince, la capitale. Il étudie l’administration au Brésil, pays que l’on considère comme le nombril du monde.
Dans le cadre de ses recherches académiques, l’étudiant décide de mettre en relief et de remettre sur le tapis un concept ancestral qui, selon lui, est un héritage immatériel qui ne doit ni se souiller ni flétrir. Il s’agit d’un patrimoine durable qui résiste au temps et aux aléas financiers.
« Le lakou n’est pas seulement un espace physique. C’est une manière de vivre, de penser, de se relier à ses racines. C’est l’une des traditions africaines façonnée par l’histoire coloniale et postcoloniale ; le lakou demeure aujourd’hui un pilier fondamental de la cohésion sociale », affirme avec un sourire l’étudiant qui s’est installé au Brésil en septembre 2023.
La musique, notamment celle de Tafa Mi Soleil, joue un rôle de passerelle entre le passé et le présent.
Dans cette dynamique de transformation, la musique occupe une place centrale. Elle devient un outil de transmission, un langage universel capable de reconnecter la jeunesse à son identité. Les rythmes traditionnels, les chants et les percussions continuent de vivre à travers des artistes contemporains.
» Le lakou, se rasin nou. Se la nou aprann respè, solidarite, ak kijan pou viv ansanm… » Selon Dionel, la chanson « Lakou » de Tafa Mi Soleil, sortie en 2023, s’affirme comme un outil de transmission, un langage universel capable de reconnecter la jeunesse à son identité et à ses rythmes traditionnels, à travers les chants et les percussions.
À travers sa musique LAKOU, le travail de Tafa Mi Soleil, dans son univers musical, puise dans les sonorités ancestrales tout en les adaptant aux sensibilités actuelles.
https://www.youtube.com/watch?v=s4GMcsV3N0E
« À travers ses compositions, elle propose bien plus qu’un simple divertissement. Elle raconte une histoire, elle transmet une mémoire. Ses textes, souvent empreints de spiritualité et de conscience sociale, résonnent avec les réalités contemporaines tout en gardant un ancrage profond dans les traditions », s’exclame le fanatique zélé de la chanteuse Tafa, Dionel Dema.
Comment intégrer les valeurs du lakou dans une société de plus en plus urbanisée et mondialisée ? La modernité est-elle compatible avec ces traditions ?
« Lè jèn yo tande mizik ki gen rasin, sa ede yo rekonèt kiyès yo ye », le « lakou » n’est pas figé dans le temps. Face à l’urbanisation, à la migration et aux transformations économiques, cette structure traditionnelle connaît des évolutions. Dans les milieux urbains, son modèle se transforme, mais ses valeurs de solidarité et de socialisation communautaire perdurent malgré d’autres aléas, à en croire ce jeune étudiant frisant la vingtaine.
Il plaide en faveur d’une politique publique menée par les ministères du Tourisme et de la Culture afin de permettre aux « lakou » de continuer à constituer, selon lui, un espace d’organisation économique, de transmission et de mémoire collective.
Longtemps perçu comme un modèle rural en déclin, le lakou n’a pourtant jamais complètement disparu. Aujourd’hui, plus que jamais, le lakou s’impose comme un symbole. Celui d’une Haïti qui résiste, qui s’adapte, mais qui refuse de perdre son âme. Et à travers la musique, cette mémoire continue de vibrer, de circuler, de toucher.
« À travers ses compositions, elle propose bien plus qu’un simple divertissement. Elle raconte une histoire, elle transmet une mémoire. Ses textes, souvent empreints de spiritualité et de conscience sociale, résonnent avec les réalités contemporaines tout en gardant un ancrage profond dans les traditions », s’exclame le fanatique zélé de la chanteuse Tafa, Dionel Dema.
Comment intégrer les valeurs du lakou dans une société de plus en plus urbanisée et mondialisée ? La modernité est-elle compatible avec ces traditions ?
« Lè jèn yo tande mizik ki gen rasin, sa ede yo rekonèt kiyès yo ye », le « lakou » n’est pas figé dans le temps. Face à l’urbanisation, à la migration et aux transformations économiques, cette structure traditionnelle connaît des évolutions. Dans les milieux urbains, son modèle se transforme, mais ses valeurs de solidarité et de socialisation communautaire perdurent malgré d’autres aléas, à en croire ce jeune étudiant frisant la vingtaine.
Il plaide en faveur d’une politique publique menée par les ministères du Tourisme et de la Culture afin de permettre aux « lakou » de continuer à constituer, selon lui, un espace d’organisation économique, de transmission et de mémoire collective.
Longtemps perçu comme un modèle rural en déclin, le lakou n’a pourtant jamais complètement disparu. Aujourd’hui, plus que jamais, le lakou s’impose comme un symbole. Celui d’une Haïti qui résiste, qui s’adapte, mais qui refuse de perdre son âme. Et à travers la musique, cette mémoire continue de vibrer, de circuler, de toucher.
