
« Il y a plus de racistes aux États-Unis qu’en Argentine »
L’absence de joueurs noirs dans l’équipe nationale d’Argentine suscite des questionnements depuis toujours. Certains, plus tranchants que d’autres, évoquent des raisons liées au racisme. Cette année, sur la page Facebook de JeuneMigrant, le débat prend des formes différentes, variant selon les pays et les expériences personnelles. Plusieurs Haïtiens ayant vécu dans divers endroits du monde ont partagé leurs témoignages, révélant des réalités contrastées.
Malgresa Joachim, un Haïtien, explique qu’il vit en Argentine depuis juin 2010 et qu’il n’a jamais subi de paroles ni d’actes racistes dans ce pays. Il compare cette expérience à celle des États-Unis où, à Philadelphie, la police a failli le tuer en un mois et où il a été victime de racisme à l’aéroport. En Allemagne, en 2018, il a été traité, une première dans sa vie, en raison de sa couleur de peau. Ses trois enfants nés en Argentine (13, 11 et 5 ans) n’ont jamais entendu parler de discrimination ni n’en ont vécu. Pour lui, l’Argentine se distingue par une intégration plus paisible et par des démarches administratives où la couleur de peau ou l’origine n’a aucune importance.
JeuneMigrant, auteur de la discussion, s’interroge : est-ce que cela signifie que l’Argentine est exempte de racisme ou simplement qu’elle n’a pas la réputation d’en avoir ? Il rappelle qu’un jeune footballeur haïtien a pourtant subi des discriminations.
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Ceker Montus, un autre utilisateur, nuance en affirmant que le racisme existe partout, bien qu’en Argentine, parfois, il soit apparent. Il cite des exemples dans certaines villes, comme Curitiba au Brésil, et souligne qu’il ne faut pas confondre l’expérience personnelle avec une réalité générale. Pour lui, aucun pays au monde n’est exempt de racisme.
Olibry Evenson ajoute que les Haïtiens eux-mêmes peuvent être très discriminatoires entre eux, parfois plus que d’autres peuples, ce qui montre que le racisme n’est pas seulement une question de relations internationales.
Le débat s’élargit ensuite à la distinction entre actes individuels et généralisations. Malgresa, Joachim insiste : il ne faut pas dire « l’Argentine est raciste », mais reconnaître qu’il existe des Argentins racistes. Il rappelle aussi qu’il a été victime de racisme en Haïti, au Lycée Français, preuve que ce phénomène peut exister même dans son propre pays. Il appelle à « élever le niveau du débat » et à ne pas réduire l’analyse à des slogans simplistes.
Enfin, la discussion fait référence à l’histoire haïtienne et à Jean-Jacques Dessalines. Certains rappellent qu’il avait ouvert Haïti à tous les opprimés du monde, indépendamment de leur couleur, et qu’il ne faut pas déformer son héritage en le réduisant à une opposition binaire entre Blancs et Noirs.
Les témoignages montrent que, malgré l’existence de cas de racisme en Argentine, la vie des Haïtiens y est souvent plus paisible et intégrée. Contrairement à des pays comme les États-Unis, où le racisme est perçu comme plus répandu, plus violent et plus institutionnalisé. L’Argentine n’est pas exempte de discriminations, mais elle offre une expérience sociale et administrative plus équitable à beaucoup d’immigrés noirs
P.-S. : ce texte est une compilation des commentaires sous la page Facebook de JeuneMigrant.
