Coupe du Monde FIFA 2026 : Les supporters haïtiens dans le pétrin

L’équipe nationale haïtienne s’est qualifiée pour la Coupe du monde 2026 après plus de cinquante ans d’attente. Pourtant, pour près de 100 000 Haïtiens vivant aux États-Unis, l’enthousiasme est tempéré par une inquiétude profonde : celle d’être ciblés par les services d’immigration américains (ICE) en soutenant ouvertement leur équipe.

Une compétition historique dans un contexte tendu

La Coupe du Monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, sera une fête du football majeure, avec 78 matchs disputés sur le sol américain. Cependant, derrière cette effervescence sportive, de nombreuses communautés immigrées ressentent une véritable peur face aux contrôles renforcés et aux arrestations potentielles durant l’événement.

La communauté haïtienne sous pression

Pour les Haïtiens vivant aux États-Unis, la qualification de leur équipe est un moment historique. Mais beaucoup préfèrent rester discrets, évitant les stades et les rassemblements publics pour ne pas être identifiés et risquer une arrestation. Émile, un chauffeur routier originaire d’Haïti qui vit dans l’Ohio, illustre ce dilemme : « Chanter l’hymne national devant des milliers de personnes serait un moment inoubliable, mais je ne veux pas prendre le risque d’être arrêté par l’ICE. Son avocat lui a même déconseillé de voyager en avion.

Un climat d’angoisse qui s’étend

Outre les supporters, le personnel des lieux de compétition partage cette inquiétude. À Los Angeles, les employés du SoFi Stadium menacent de faire grève si des agents de l’ICE sont présents lors des matchs. Ce sentiment est renforcé par la perspective de la suppression prochaine du statut de protection temporaire (TPS) qui protège actuellement de nombreuses personnes d’origine haïtienne de l’expulsion.

Une peur qui dépasse les frontières haïtiennes

Ce sentiment d’insécurité ne concerne pas seulement la diaspora haïtienne. D’autres communautés latino-américaines redoutent également des contrôles renforcés dans les fan zones et aux abords des stades, notamment dans des villes comme Miami, Los Angeles ou New York. L’épisode récent d’un demandeur d’asile arrêté après avoir assisté à la finale de la Coupe du monde des clubs illustre l’ampleur de cette peur.

Avec AFP

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