
L’état de santé psychologique des travailleurs au Canada révèle une crise silencieuse, mais profonde. Selon les données les plus récentes, 35 % des travailleurs se disent épuisés, un chiffre qui grimpe à 66 % chez les infirmières. En janvier 2025, plus d’un tiers des employés présentaient un risque élevé de troubles mentaux, et près de 30 % avaient déjà reçu un diagnostic d’anxiété ou de dépression.
Les symptômes sont multiples : 33 % des travailleurs affirment se sentir instables et nerveux, 32 % isolés, et 29 % reconnaissent que leur état nuit à leur productivité. Le stress financier accentue la situation : près de la moitié des Canadiens souffrent d’insomnie liée aux difficultés économiques, et 40 % déclarent avoir du mal à nourrir convenablement leur famille. Ces statistiques touchent également la communauté des immigrants et sont plus préoccupantes pour les groupes autochtones.
La réponse de l’État
Conscient de l’urgence, le gouvernement fédéral a annoncé la création du projet Ajuinnata : l’héritage de Mary Simon pour le bien-être mental. Mary Simon, ex-gouverneure générale, a officiellement quitté ses fonctions le mercredi 4 juin 2026, marquant la fin d’un mandat de cinq ans au sein de l’appareil d’État.
Peu avant la fin de son mandat, elle avait proposé ce projet avec un financement initial de 5 millions de dollars, extensible à 15 millions grâce au soutien philanthropique. L’initiative vise à former et soutenir des conseillers en santé mentale issus des communautés nordiques.
Mary Simon, gouverneure générale à l’époque, avait insisté : « Les relations humaines et la culture favorisent la guérison. » Le programme entend donc miser sur des solutions locales, adaptées aux réalités culturelles et sociales, pour briser l’isolement et offrir un accompagnement concret.
Vers une reconnaissance nationale
Cet investissement dans le Nord est aussi un signal adressé à l’ensemble du pays : la santé mentale au travail n’est plus un sujet secondaire. Elle est désormais reconnue comme un enjeu central, qui touche autant les grandes villes que les régions éloignées, et qui exige des réponses humaines autant que financières.
Un coût économique colossal
Les projections sont alarmantes : d’ici 2041, les problèmes de santé mentale pourraient coûter 2 500 milliards de dollars à l’économie canadienne, représentant 70 % des coûts d’invalidité. Pourtant, les budgets consacrés à la santé mentale restent modestes. Au Québec, par exemple, seulement 5,6 % du budget de la santé était dédié à ce secteur en 2022-2023, soit moins de 2 milliards sur un total de 60 milliards.
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