Protection de l’enfance : Les États-Unis font une chose et son contraire

Lors du Conseil de sécurité des Nations Unies, le 2 mars dernier, la première dame des États-Unis, Melania Trump, en qualité de présidente, a déclaré que son pays était aux côtés des enfants. Cette déclaration apparaît à la fois maladroite et hypocrite.

En réalité, l’épouse de Donald Trump a glissé cette phrase pour critiquer la résistance de l’Iran face aux assauts d’Israël. Présent au Conseil, l’ambassadeur de l’Iran, Amir Saeid Iravani, a réagi sans langue de bois : « Ils apportent leur soutien à Israël et lancent des bombes pour détruire des écoles en Iran, pourtant ils prétendent protéger les enfants ? », s’est-il insurgé, jugeant hypocrite l’intervention de la première dame.

En matière de violation des droits de l’enfant, aucun pays ne rivalise avec les États-Unis. Cette grande puissance économique reste le seul pays au monde à ne pas avoir ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Bien que signée sous la présidence de Bill Clinton dans les années 1990, elle n’a jamais été ratifiée par le Sénat américain. Quelle est la raison de cette réticence ? Selon les parlementaires, certains articles de la Convention iraient à l’encontre des lois internes du pays. Par exemple, dans certains États, les châtiments corporels et la perpétuité pour les mineurs sont encore en vigueur, alors que la CIDE les formellement interdit.

Récemment, le journal Courrier international a envoyé une équipe dans une prison pour familles au Texas, et les révélations ont été choquantes. Dans le cadre de sa politique anti-migratoire, l’actuel président des États-Unis a ordonné aux agents de l’immigration d’incarcérer des migrants mineurs. Les journalistes ont diffusé de nombreux témoignages et images d’enfants réclamant leur liberté. « Notre famille, notre école nous manquent », a déclaré la majorité d’entre eux. Est-ce ainsi que l’on protège les enfants ?

Autre action contradictoire de ce pays étoilé : son retrait de l’UNESCO, l’organe des Nations unies consacré à l’épanouissement de l’enfance. Depuis juillet 2025, l’administration Trump, celle-là même à laquelle appartient Melania Trump, cette défenseure autoproclamée des enfants, avait annoncé son retrait de l’UNESCO pour décembre 2026. « Un engagement continu au sein de l’UNESCO n’est pas dans l’intérêt national des États-Unis », avait déclaré le département d’État américain dans un bref communiqué. Aujourd’hui, comme tombée du ciel, madame Trump tente de redresser la barre en affirmant que « les États-Unis sont aux côtés des enfants ». Pure incohérence !

Il faut rappeler qu’avec ce retrait, le budget de l’UNESCO sera réduit de 18 %. Alors, comment prétendre soutenir les enfants tout en violant leurs droits ?

Source, Courrier international, Unesco, Le Monde

https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-je-ne-suis-pas-bien-le-desespoir-des-enfants-detenus-au-centre-de-detention-de-l-ice-a-dilley_240700

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