Brésil : Entre difficultés et volontés, des étudiants haïtiens diplômés à CEDUP

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Brésil : Entre difficultés et volontés, des étudiants haïtiens diplômés à CEDUP

Au « Centro de Educação Professional Dário Géraldo Salles », le samedi 13 janvier 2023, à Joinville, Etat de Santa Catarina, trois haïtiens, parmi des dizaines récipiendaires, ont réussi à boucler un cycle important dans leur vie de migrants. Avec passion et volonté, ces derniers ont décroché leur diplôme dans divers domaines. Ils ont donc contourné toute une batterie de difficultés. Entendons par là, sous-emploi, fatigue, découragement, salaire misérable, entre autres. . . John Calixte Phararon, Pierre Marie Rose Angy Cetoute et Jean Audain Occeus ont courageusement concilié travail et étude.

Vêtus de toges et mortiers noirs, de ceintures bleues-roi, collets blancs dentelés, tous les récipiendaires ont eu l’air soulagé ce samedi. Pour les trois haïtiens, c’est un défi qui vient d’être levé. Car, étudier en terre étrangère exige courage et passion.

 Jhon Calixte Pharaon, diplômé en électromécanique, revient sur ses péripéties. « Je travaille chaque jour entre 10h30 Pm et 6h30 Am, pourtant les cours débutent à partir de 7h30am. Alors que je dois emmener mon fils à l’école à la même heure », avoue le trentenaire. Cela devient tout simplement un rituel pour M. Phararon qui porte bien son nom. Pendant deux ans, durée de l’apprentissage, il chevauche entre son travail, sa responsabilité paternelle et son statut d’étudiant. « Chaque jour, je dors entre deux à trois heures, ce qui est nocif à ma santé », confie-t-il. « Mais, je ne me plains pas trop puisque je sais que je suis étranger et que l’apprentissage est la condition sine qua non pour gravir des échelons à la société ».
C’est le même cas de figure pour Pierre Rose Angy Cetoute. Elle, mère de famille, doit s’occuper de son foyer, de son travail et de son étude.

Immigrée au Brésil en 2016, pratiquement seule, Rose Angy rumine depuis l’envie de continuer ses études en sciences administratives. Cours qu’elle était obligée d’abandonner pour son voyage. Elle confie devoir attendre 2024 pour pouvoir réaliser ce rêve. Madame Cétoute quant à elle, se rendait à l’école dans la soirée. « Afin de faciliter mon mari pour qu’il aille travailler, je demande une autorisation à l’école pour me laisser partir avant l’heure », rapporte-t-elle. Et, avant d’aller au travail, je dois me réveiller de très tôt, préparer mon fils, cuisiner et étudier, cela n’a pas été pas facile, a-t-elle ajouté.

 A la question : Quels conseils vous prodiguez aux jeunes immigrants ? La professionnelle en sciences administratives répond « quand vous migrez, mettez de côté vos complexes. Car, vous risquez de repartir à zéro. Pour étudier en terre étrangère, il faut avoir une certaine stabilité économique. Sinon… », Soupire-t-elle. Jhon Calixte Phararon, pour sa part, encourage tous les jeunes à légaliser leurs diplômes et certificats puisque certains pays reconnaissent les certifications.

 Il faut, par-dessus tout, préciser que Jhon Calixte Phararon et Pierre Rose Angy Cétoute sont mari et femme. Un statut qui avait compliqué leur situation de jeunes migrants quant à leur étude, mais qui renforce le message. S’il est vrai, entant que migrant haïtien, la situation économique nous targue toujours, il n’en demeure pas moins que notre vision doit dépasser l’horizon. « L’étude est primordiale car, elle seule peut élever quelqu’un », conclut le couple.

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